L’isolation naturelle doit être réalisée avec des matériaux recyclables et renouvelables issus de la faune ou de la flore. Ces isolants ne nécessitent ni pétrole, ni produits chimiques polluants, et sont issus de ressources renouvelables. Choisir un isolant naturel, comme une isolation naturelle à base de laine, permet de protéger la santé des occupants, tout en limitant l’impact environnemental du bâtiment. Ces solutions offrent de hautes performances thermiques et acoustiques, tout en répondant aux exigences de la rénovation énergétique et de la RE2020.
Les différents isolants naturels à base de laine
La laine de chanvre
Issue des fibres de la plante du chanvre, la laine de chanvre pour isolation écologique présente une conductivité thermique λ comprise entre 0,040 et 0,045 W/m·K, une densité variant de 30 à 50 kg/m³ et une capacité thermique massique de 1600 J/kg·K. Disponible en panneaux semi-rigides, rouleaux ou vrac, elle permet d’atteindre une résistance thermique R de 5 m²·K/W avec seulement 20 cm d’épaisseur. Elle est imputrescible, naturellement résistante aux insectes et régule l’humidité intérieure grâce à un taux de transfert hygrométrique élevé (μ entre 1 et 2). Idéale pour les maisons à ossature bois, les rénovations de bâtiments anciens et les constructions bioclimatiques, elle dispose souvent de certifications ACERMI ou Natureplus.
La laine de bois
Fabriquée à partir de fibres de bois issues de conifères recyclés, la laine de bois naturelle pour isolation thermique estivale affiche un λ de 0,038 à 0,045 W/m·K et une densité pouvant atteindre 270 kg/m³ pour les panneaux rigides à forte inertie. Sa capacité thermique élevée (2100 J/kg·K) lui confère une excellente performance contre les surchauffes estivales, avec un déphasage thermique de 8 à 12 heures selon l’épaisseur. Elle offre aussi un affaiblissement acoustique allant jusqu’à 55 dB en cloison légère. Entièrement recyclable et issue de forêts gérées durablement (certification FSC ou PEFC), elle est idéale pour l’isolation extérieure sous bardage ou l’ITE sur bâtiment ancien.
La laine ovine (laine de mouton)
Utilisée depuis des siècles, la laine de mouton isolante naturelle possède un λ moyen de 0,035 à 0,040 W/m·K et une densité de 18 à 35 kg/m³. Elle peut absorber jusqu’à 30 % de son poids en humidité sans perte de performance thermique. Sa capacité thermique massique (1700 J/kg·K) permet une bonne régulation des variations de température intérieure. Traitées contre le feu (classification Euroclasse E) et contre les insectes xylophages, les fibres sont parfois renforcées par 5 à 15 % de polyester. Convient aux combles, rampants et murs, avec une attention particulière à la pose d’un pare-vapeur en climat humide. L’isolation naturelle avec de la laine est souvent utilisée dans les rénovations patrimoniales car elle respecte la respiration des murs anciens.
La laine de coton
Produite à partir de textiles recyclés, la laine de coton pour isolation phonique et thermique affiche un λ compris entre 0,039 et 0,042 W/m·K, avec une densité moyenne de 20 à 30 kg/m³. Elle offre un affaiblissement acoustique allant jusqu’à 50 dB et une excellente élasticité, ce qui réduit le risque de tassement dans le temps. Très efficace en isolation phonique des planchers bois, elle conserve ses propriétés plus de 40 ans. Elle est traitée avec du sel de bore pour résister aux flammes (Euroclasse E) et à la prolifération de moisissures. C’est un choix prisé dans les environnements urbains bruyants.
Le lin
Le lin, cultivé principalement en France, Belgique et Pays-Bas, possède un λ de 0,037 à 0,042 W/m·K pour une densité moyenne de 25 à 35 kg/m³. Ses fibres longues et élastiques apportent une résistance mécanique supérieure à celle de nombreux autres isolants biosourcés. Il absorbe jusqu’à 15 % de son poids en eau sans altération des performances thermiques. Souvent combiné avec de la laine de chanvre ou de mouton, il est adapté aux planchers, murs à ossature bois et plafonds. Il bénéficie souvent de la certification ACERMI, garantissant ses performances.
La plume de canard
Peu courante mais performante, la plume de canard isolante présente un λ très bas (0,032 à 0,035 W/m·K) et une densité légère de 15 à 25 kg/m³. Mélangée à environ 20 % de polyester et 10 % de laine de mouton, elle bénéficie de traitements antifongiques et anti-rongeurs. Elle offre un excellent confort thermique en hiver comme en été, ainsi qu’un affaiblissement acoustique intéressant (jusqu’à 48 dB). Sa faible épaisseur nécessaire pour atteindre un R élevé en fait une solution adaptée aux combles perdus ou aux parois nécessitant une isolation sans perte d’espace habitable.
En conclusion, choisir une isolation naturelle à base de laine revient à opter pour des matériaux aux performances mesurables et certifiées. Selon le type de laine et l’application choisie, il est possible d’atteindre un R de 5 à 7 m²·K/W avec 20 à 24 cm d’épaisseur, tout en conservant une excellente régulation hygrométrique et une faible empreinte carbone. Ces solutions, en plus de répondre aux normes actuelles de la RE2020, assurent confort, durabilité et respect de l’environnement.